Mondoblog, la 4e Saison et les ivoirens

Les Septs éléphants mondoblogeurs  2015 (Ph.ABC)

Les Septs éléphants mondoblogeurs 2015 (Ph.ABC)

Gbê est mieux que drap! Sans savoir qui est qui, who is who? c’est un billet fait à partir d’une vue d’en haut. Pas celle orientée sur la République, mais sur les nouveaux bleus et non bleus. Alors GROGNON un peu.

Le samedi 28 novembre 2015 a été pour presque tous les mondoblogueurs de la Saison VI, jour de départ pour Dakar, capitale du Sénégal où ils ont rencontré l’équipe de l’Atelier des Médias de RFI pour une semaine de formation. Chaque saison ses hommes. Comme en toute chose, il y a pour certain, le jour de l’initiation, du dépucelage, celui du premier pas véritable au delà des zones d’enregistrement et d’embarquement d’un aéroport. Ce fut le jour du premier vol pour les quelques ivoiriens et nouveaux que j’ai pu observer sans au préalable les connaitre. Je me suis permis d’émettre des hypothèses que le temps d’un vol m’a permis de vérifier…

#Mondoblogueurs nouveaux

Le concept est peu être en vogue à Abidjan, en terre d’éburnie. On parle d’ivoirien nouveau. Seuls les politiciens qui ont fabriqué ce concept incongru connaissent le contenu exact de ce concept scabreux et ténébreux. Mais bon revenons à nos moutons. Généralement à l’aéroport tout le monde se joue les dangereux. Voyageurs comme accompagnateurs. Personnes ne veut laisser transparaître son statut de #gaou. Pourtant il y a des gestes qui trahissent. Dans un coin, mon Guy des Cars Sang d’Afrique devant le nez, j’ai accidentellement observé quelques jeunes biens fringués que mon intuition soupçonnait d’être conduit par le destin vers la même chose et pour les mêmes raisons. Sac à dos, valises à roulette en main, ils allaient ici et là, cherchant surement quelques amis avec qui un mail avait été échangé. L’éclat de leur passeport, les nombreux papiers qu’ils avaient en main, le carnet de vaccination en premier plan disaient long leur expérience en voyage.

La suite allait confirmer mes intuitions. Ils se sont retrouvés. Enfin. Salutations et présentations d’usage. Sourires innocents échangés et traduisant la satisfaction de ne plus à avoir à faire le chemin vers l’inconnu. Une lueur de satisfaction se lisait sur leur visage. Mais un présumé compatriote manquait à l’appel. Moi. Et eux n’eurent pas l’audace de faire le pas vers cet autre éléphant étrangement assis et concentré sur son livre. Après les retrouvailles quelques tours du propriétaire. Juste pour, faire comme les autres.

Le patron de Abidjan times, Kouakou s’est permis de prendre place à l’AKWABAR. Vous savez, ces café-restaus de ces hauts lieux où le prix du simple bidon d’eau défie tout entendement. On s’observait. Il dégustait sa commande en pensant à la facture. Il s’était engagé dans une comparaison des prix de ce qu’il pourrait avoir pour peu dans son quartier. Mais je crois qu’il avait conscience du lieu où il se trouvait. Belle expérience. Les minutes après, il n’était plus à sa table. Le #gaou avait compris.

Le moment attendu arriva. Les amis inconnus occupaient les premières positions de la file d’enregistrement. Les ivoiriens sont habitués aux queues. Formalités administratives et policières effectuées sans cette autre expérience inattendue vécue par le bloggeur Koné, celle où on vous demande de se déchausser ou de se débarrasser de la ceinture pour le scanner. « Gbê est mieux que drap, je ne comprenais rien à cette histoire. Enlever chaussure et ceinture. Pourquoi ? » Avouera t-il une fois assis au numéro 9A d’un des Airbus de la Compagnie ivoirienne. Cette fois, je suis à coté. Mais les autres sont ailleurs. L’inquiétude revient sur les visages du groupe à nouveau disloqué. J’imagine à une certaine époque le boulimique et talentueux analyste politique FBI. Au secours des bleus, je décide de briser vite cette glace. Petit briefing du #koro, question d’impressionner un peu les nouveaux. Le décor Mondoblog II à Dakar était charmant et agrémenté de riz. Mondoblog III à Abidjan, était assaisonné de semoule de manioc au thon farci. Les dîners au bord de la piscine à coté de la mer rappelaient des dîners d’amoureux. Les « petits » sont impatients d’en découvre avec les futurs Ateliers. Ils veulent voir la tronche de Ziad, et le crane de Simon, les responsables de la Formation. Ils ont révisé leurs leçons, lu tous les courriers de Manon et Mélissa. Ils sont enthousiasmés de voir Dakar, son sable, ses gazelles, ses taxis, ….Nous y voila.

#Dans l’oiseau, entre ciel et terre, les bavards

2h30mn. Temps de vol. Suffisant pour voir, entendre, remarquer. Encore les bleus ivoiriens et les bavards inconnus. Les premiers tout comme les seconds sont mes voisins de gauche et de droite ou de derrière. Un tour dans les toilettes permet de jeter un regard panoptique et d’identifier quelques jeunes personnes un peu timorées. Logique, souvent l’avion assourdi et met à l’épreuve les tympans. Mes voisins ont été éprouvés. Revenons aux voisins donc. Avec les premiers, le contact est établi. Avec les seconds, rien. Eux parlent avec d’autres personnes de nombreuses choses. Les bavards se font toujours remarquer soit par leur voix, soit par leurs mouvements, gestes, questions… Focalisation sur les bavards. Le premier a été remarqué pour son étrange ressemblance avec le Journaliste Presqu’engagé. Il parlait de tout et abordait tous les sujets. Ses interlocuteurs semblaient partager ses avis. Esprit cosmopolite, l’accent ne trahissais pas qu’il était camerounais. Et oui, la verse savoureuse du voisin lui a fait perdre le sens de l’orientation une fois arrivée. Il était en retard et sa navette est partie sans lui. En pariant qu’il voulait partager toutes les saveurs des écrevisses, à tous ces gentils chauffeurs de taxi de la capitale sénégalaise qui presqu’harcellent à la sortie d’aéroport Léopald Sédar Senghor, il a oublié le chemin du parking VIP où attendait sa navette.

Ecclésiaste c’était. Il parle des “camérounaiseries” Il ressemblait beaucoup au philosophe Williams Baya toujours presqu’engagé hein…Il avait en plus de la ressemblance avec l’ami Williams, un amour fou pour la photo. Mais ne nous laissons pas impressionner par le premier contact. Loin étais-je d’imaginer que ses rivaux du Togo et du Bénin attendaient déjà à l’auberge. Tokpanou (Mais c’est un nom de fétiche ça?) le médecin béninois résident à Dakar est face à Aristide le togolais. Le premier connaît son environnement, la ville, le pays. Il maîtrise tous les sujets. Soutient même que ce dernier « est une femme.» En l’espace d’un sujet mal introduit, il s’est fait spécialiste de la Bible et avance contre le gré de son interlocuteur Aristide, philosophe de l’absurde et protecteur de l’environnement – qui ne s’adresse à personne presque ce jour, sans demander son origine ou lui en impose une selon ses propres observations – que Salomon avait 1000 femmes…et que le Président d’Aristide est en quête d’un héritier mâle. Ha bon, fille ou garçon qu’est ce que cela change ? Les jours à venir promettent de belles surprises, de bons contenus. Affaire à suivre.

#Manitous et Monuments vivants : Équilibre

Simon, monsieur micro et tutos, n’as pas changé. La boule est toujours à zéro. Il n’y a pas l’ombre d’un cheveu. Tout brille avec le sourire toujours à la une du visage. Poignez de mains… pendant que Ziad franchi la porte, une grosse pastèque sur l’épaule. Il n’a pas du tout grandi, coté taille. Le reste se mesure à l’aune du travail extraordinaire qu’il abat avec son équipe. Le revoilà revenu le colis dans une assiette pour le bonheur pas palais assis sous le thialy, ce préau traditionnel d’une région du pays. Équilibre.

Savez-vous ce qu’est l’équilibre ? Ekyé, demandons au sapeur pompier digne descendant du sapeur en chef Papi Wemba. Je parie que presque tous on a vu la vidéo sapologie. Mais il ne s’agit pas de ceux là. Élégant, souriant, togolais. Il a d’abord crié « Ladji, Kôrô c’est comment. » Voila une phrase qui ne trompe pas. C’est celle d’un ancien. Celui qui fait poétiquement parler le silence. Imaginons l’alchimie dont cela procède. Il était déjà à Dakar depuis 2 jours en arrière. Rien d’étonnant, monument vivant. Sosso. Équilibre. Plume légère, ironique, savoureuse, douce et amère ; poète, quelque fois, auteur. Celui qui a vite fait de déclarer ses biens comme un bon démocrate est le frère Aph….A ses cotés la douce, pardon la belle Lucrèce. Lumière dans le noir. Sourire toujours présent. Le service est son credo. En une fraction de seconde je me suis vu offrir un téléphone. Ligne directe. Voici donc mon numéro pour une nuit 00221…Ça va bien commencer…

#Le off : Thialy, l’ambiance, les repas et l’invitation de Manon

L’Auberge sympathique des quartiers extensions de Dakar est régulièrement choisie pour accueillir les mondoblogueurs depuis au moins 2 générations. L’auberge a en 2013, inspiré, à cause de la fréquence du « riz » dans ses menus, une chanson autour du « riz ». Cette année, il y avait moins de riz, mais plus de patates, de pomme de terre, de sauce d’oignon. Souvent des mix « riz – patate – spaghethi » souvent. La tradition de Thialy est le repas collectif. Cette façon de manger ensemble, dans la même assiette ; à l’africaine permet de briser les vers de renforcer les liens, dit-on.

A Thialy les repas ensemble, sont toujours des occasions de rencontre et d’échanges. Le premier jour, il y avait sourires, questions, discussion, présentation. Les premiers arrivés avaient déjà eu le temps de se familiariser. Les noms sont précédés des noms de blogs. Les follower se distinguent. Des billets sont évoqués. Les uns sont sincères, les autres jouent le jeu. Moi sincèrement, je ne peux coller de nom, ni de visage maintenant à aucun des 600 blogs portés par Mondoblog de l’Atelier de médias…Mais pour l’instant, l’essentiel est de jouer le jeu. L’heure du repas. Du coucous, de la sauce, de la viande. Comme dessert des tranches de pastèque. Les habitués sont heureux de ce changement dans le menu. Mais Un doyen rappel que la veille, le riz avait déjà été servi. Le repas du soir était convenable. Mais notre libanaise n’a pu manger une cuillerée. Question de culture. Tout le monde a mangé à l’africaine. Blancs, Noirs… Entre les vas et viens des cuillères de la table aux bouches, des sujets sont ouverts, discutés, liquidés sur le champ…Des individus rappellent d’autres déjà connu, spécialistes des débats flous qui annoncent huit (8) futurs jours sympathiques de formation.

Entre le repas et le dessert, Manon lance une question qui semblait remplir les conditions et critères d’une invitation en Afrique. « Qui veux une bière ?». Personne ne résiste à une telle question. Tous le monde veut répondre. Les amoureux du maїs brassé ne se sont pas fait prier. Ils pensaient surement que celles qui pendant longtemps répondaient à leurs divers mails voulait faire un cadeau à ses collaborateurs virtuels retrouvés. Les mains en l’air rappelaient l’habitude des fiers écoliers ivoiriens. 1, 2, 8, 9 bières, le calcul est vite fait et Doudou, le chargé d’accueil est pressé d’apporter la commande. Les Gazelles, sont là, c’est le nom de la bière locale. Ouverte et déjà, les experts avait commencé leur travail au moment où celle qui a évoqué l’idée de bière a encore évoqué celle de la facture. Ma(is…)non, fallait pas nous tester hein…

Heu. Voila une nouvelle nouvelle, qui a subitement enlevé à tous les buveurs l’envie d’une bière gratuite qui ne l’était, pas. Y a invitation à l’Africaine et invitation à l’européenne. Le souvenir de cette invitation allait hanter, durant les 7 jours à venir tous les amoureux du cadeau. Une chose est sure, Mondoblog Dakar 2015, a été à sa façon, original et inoubliable.

 

About aly

Moi, apprenti philosophie, apprenti blogueur, amoureux des TIC sans volonté de prise en mains des outils. #UNBCI_ #SiamoisScout #CCitoyennes
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One Response to Mondoblog, la 4e Saison et les ivoirens

  1. Fbiyay says:

    Beau billet. Merci pour cette histoire pleine d’émotions. Bon courage aux nouveaux.

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