Volontariat, un passeport pour l’employabilité et la résolution du problème de l’émigration de la jeunesse en Afrique

imagesLes jeunes qui traversent l’océan en pirogue, ceux qui partent de Daloa[1] à partir de la Côte d’Ivoire, qui bravent la fureur des eaux de Lampedusa[2]… ne sont qu’en quête d’une chose : l’espoir. Les nombreux diplômés des universités africaines, les nombreux jeunes du monde rural, recherchent la même chose : l’espoir.

La jeunesse africaine, quelque soit son enthousiasme est en proie au désespoir. Le chômage fait d’elle une cible manipulable. Ainsi, en quête de bien-être, elle est prête à tout sacrifice, même celui d’essayer une traversée périlleuse, pour l’autre bord des cotes méditerranéennes, où elle pourrait trouver un hypothétique bien-être. Les jeunes veulent manger, construire un avenir, vivre sans le stress qui écourte l’espérance de vie. L’espoir est la matrice de toute action, décision, quitte à y laisser la vie.

Si le flux de migrants augmente de jour en jour, si la nouvelle des sinistres en mer ne découragent pas les jeunes africains, à tenter l’expérience de traversée en s’investissant financièrement et humainement, c’est parce que les Etats africains, n’ont pas encore satisfait leurs besoins primaires : l’occupation qui éloigne de l’oisiveté et qui rapproche de l’espoir. Crée des emplois ou à défaut, des services nationaux de volontariat, permettant aux jeunes de s’occuper sainement et de participer par leurs actions citoyennes, au développement.

Le chômage est une réalité mondiale. Cependant, les pays de l’Europe ont compris que le développement de programmes civiques, pourraient aider la jeunesse à mieux se prendre en charge. Cela réduit les pressions sur l’Etat et est perçu comme des efforts des gouvernements pour accompagner chacun. En Europe, les jeunes ont la possibilité d’envisager un métier et d’y bâtir un avenir autour. Le plombier d’Europe vit de son métier parce le système lui aurait permis de se considérer comme un professionnel. Le plombier africain ne travaille que dans l’informel. En Europe les jeunes bénéficient de nombreux programmes de mobilités universitaires.[3] Combien en existe en Afrique? En Europe des programmes de Services civiques, de volontariat, de bénévolat existent et permettent à des jeunes diplômés, ou non, peu importe l’allocation de subsistance proposée, vers d’autres cieux pour apprendre, se perfectionner.[4]

En Afrique, les diplômes ne donnent plus immédiatement l’emploi souhaité. Les jeunes ont des besoins urgents, spécifiques, substantiels, qui attendent l’instauration des politiques objectives bien définies. On constate des efforts dans certains pays. En Côte d’ivoire, un guichet unique de l’emploi jeunes est crée sur les cendre de l’AGEPE[5]. Des agences étatiques existent dans de nombreux pays. Elles peinent à rivaliser avec les agences privées de recrutement[6] par défaut d’innovation. Il ne reste qu’aux Etats de proposer des cadres législatifs de reconnaissance du statut de volontaires[7].

Le statut de volontaire en Afrique est mal connu. Pourtant, des Etats européens ont développé des expériences de volontariat captivant. Chaque année, de nombreux jeunes européens vont réaliser des projets au delà des limites de leur pays. Ils découvrent de nouvelles cultures, développement de nouvelles compétences et peuvent retourner chez eux avec le sentiment de la capacité de se débrouiller. Se débrouiller, ce n’est point bricoler. Bien au contraire c’est la capacité de pouvoir s’adapter, improviser, innover, entreprendre.

Si on regarde les chiffres, le nombre de candidature aux programmes de volontariat de la Francophonie (VIF)[8] ou l’Union Africaine (AUYVC)[9] est croissant et représente un vivier de compétences variées et stupéfiantes. Les Etats qui s’engagent à développer des programmes nationaux de volontariat, pourraient résoudre un temps soit peu, les problèmes de l’émigration, de la délinquance juvénile, du chômage et pourront réussir à faire naitre dans l’esprit de la jeunesse africaine de véritable sentiment de citoyenneté active. Le citoyen actif est l’africain de demain, conscient et fier de la force de son esprit, de la porté universelle de son intelligence, de sa capacité transformatrice et actrice de développement innovant.

Que les Etats intègrent dans leur plans de développement des programmes des volontariats est un souhait pour catalyser les économies, qu’ils aident a la réinsertion des volontaires internationaux, afin que ceux-ci ne tombent pas dans le désespoir qui conduit au regret de ne pas avoir eu à fuir, à – caller- en Europe, et ne pas être la risée des autres, est aussi un idéal.

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[1]– se referer à l’article de Suy Kahofi

[2]– voir les liens sur Lampedusa

[3]– Citons simplement les mobilités ERASMUS MUNDIS.

[4]– En France il existe les programmes Volontariat International (VI), Volontariat de Service International (VSI), Volontariat Européen (VE), Volontariat de Service Civique (VSC), le Réseau France volontaire (FV) de nombreuses Ecole d’été ou d’automne…Combien d’Etat africain dispose d’un programme national de volontariat ? Quid.

[5]– AGEPE : Agence de la Promotion de l’Emploi. En dehors d’investissement dans la peinture et dans le changement de nom, dans la refonte de son site internet, le changement de tutelle ministérielle, les prestations de cette agence n’ont pas foncièrement évolués. Mais les politiciens diront le contraire.

[6]– En Côte d’Ivoire l’existence d’une structure comme RMO, qui existe aussi dans d’autres pays de la sous-région, concurrence fortement ces agences d’Etat et passe pour beaucoup plus efficace.

[7]– le Burkina Faso est un bel exemple de pays ayant développé déjà ce type de programme.

[8]– Cf : http://jeunesse.francophonie.org/volontariat En 2007 pas plus de 500 jeunes postulaient au programme de VIF.  Ce chiffre s’est multiplié par environ 10 au fil des années. Les candidatures vont jusqu’à 9000 jeunes postulants en 2016 avec plus de 70% de jeunes Africains. Depuis 2007, près de 300 jeunes francophones ont participé au programme : 51% de femmes, 49% d’hommes, Moyenne d’âge : 28 ans, Ressortissants de 34 pays de la Francophonie. Les volontaires ont réalisés des missions réparties dans 35 pays de la Francophonie. 75% d’entre eux sont originaires des pays du sud et de l’Europe centrale et orientale.

[9]– Pour 2016, on parle de plus de 5000 candidats. Donc environ 5000 jeunes diplômés informés de ce programme, et qui ont pu dans les délais déposer une candidature. Imaginons le nombre en attente de pouvoir le faire.

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