Les bouillons Maggi : Comment ça marche (2)

14449890_10209417037815178_2460395381565445233_nChère Mémé, on dit quoi ? As-tu pu te faire lire mon courrier d’hier ? Je n’ais encore pas vu de tes nouvelles, mais j’ai appris que tu vas bien. Pour moi, c’est l’essentiel.

Comme je te le disais, j’étais en visite de la fabrique Maggi de Yopougon. L’espace est géant. La matinée passée à entendre parler de MAGGI, de comment s’est composé ? Comment sa se fabrique ? Comment sa se vend ? Comment sa se consomme ? Comment sa se comporte sur les étables et dans les ménages ? Etc. Nous avons aussi été au centre de Recherche et de développement de la firme. Le CRD. Un espace nickel, trop propre. On-y entre que si on est accompagné. Bravo. Hélas, impossible de prendre une photo pour toi. Ha secret de firme.

Nous avons eu affaire à une nouvelle équipe pour nous expliquer comment les produits Nestlé sont contrôlés et avec quelles minuties tous les échantillons sont examinés.

Ils nous ont habillés comme des experts d’une série policière : lunettes, blouse blanche jetable. La dame m’a fait savoir qu’après usage, la combinaison n’était jetée, mais recyclée. Mais seuls eux ont la chance de voir comment on recyclait, ces blouses.

A l’intérieur du bâtiment, je n’apercevais que des femmes assidues devant des ordinateurs. Dans la fabrique j’avais compté de nombreux hommes et presque pas de femmes. Ha équilibre. Le Monsieur en charge de nous expliquer toutes la machinerie déployée pour le contrôle, nous a conduits dans un couloir en nous présentant des appareils que Nestlé avait acheté à coup de milliard. En insistant sur la somme sonnante, il a précisé que « c’est pour vous montrer comment Nestlé est soucieux de la santé et du bien-être de ses clients ». Hum souvent aussi, c’est leur farot – farot aussi ho.

Du tour, pour être sincère, je n’ai pas compris grande chose. Tout était trop technique, trop scientifique, trop mathématique, trop physique. Or toi même tu sais que ces choses et mon esprit sont incompatibles.

J’ai retenu tout de même que le maïs contenait de l’aflatoxine. Et le monsieur a dit que cette matière était toxique. Sans pouvoir lui poser la question directement, j’ai discrètement appelé la jeune et belle dame, l’ingénieure, celle qui nous a expliqué le comment et le pourquoi des choses.

Si c’est toxique, pourquoi on utilise cette céréale? Pourquoi il n’y a pas de céréale de substitution? « Le maïs est utilisé pour Maggi, dans les produits nutritifs, cela ne veut-il pas dire que Nestlé expose ses clients à une mort lente ?».

Sa réponse, ne m’a pas convaincu. Du moins, je n y’ ai rien compris. «  Non » m’a telle dit avec assurance. « Nestlé analyse les proportions que le corps peut soutenir (…) si on veut regarder tout cela, on dira que c’est Dieu qui nous sauve.»

Grand Bon Dieu, comment Toi qui est l’Auteur du ciel et de la terre, Toi qui a donné l’injonction aux deux premiers nus de se nourrir et de se soigner avec toutes les plantes du jardin, tu as fait un arbre aux fruits interdits, crée des plantes toxiques…qu’on consomme sans modération sans en mesurer le danger auquel on s’expose ? Dans combien de culture ivoirienne le maïs est un aliment de base? Combien de ces cultures peuvent effectuer des analyses ? Aucune. Mais c’est Dieu qui nous sauve. Tu nous sauveras toujours. Je crois que la réponse est ailleurs. Je ne l’ai pas, mais je vais encore chercher.

N’an les gars là font de leur mieux. Si un jour tu as des problèmes de santé, n’accuse pas directement Maggi. En cette époque de corruption, nous consommons de nombreuses choses anormales. Ton soumbara n’y pourra rien. Sais tu pourquoi ? Non je suppose, parce que le maïs de ton est bourré d’aflatoxine, mais Dieu nous protège depuis des siècles. Toi tu n’as pas la science du contrôle. Tout cher toi, se fait par intuition. Depuis des générations, on cuisine par intuition. Le sel mit dans les sauces, est fait par intuition. L’unité et l’instrument de mesure des quantités sont dans ton esprit, dans ta tète. Depuis des générations ça marche. Dieu nous protège.

Les bouillons sont là, je veux que tu demeures mon étoile. A toi de choisir, comment tu assaisonneras ce que tu me concocteras dans ta cuisine noircie au fil des brûlures et dépôt de fumée de bois de neré, fumée qui encense ces nombreux épis de maïs suspendus attendant les moments de la sécheresse.

Je t’aime fort…Mon étoile.

Ton petit fils chéri…

About aly

Moi, apprenti philosophie, apprenti blogueur, amoureux des TIC sans volonté de prise en mains des outils. #UNBCI_ #SiamoisScout #CCitoyennes
This entry was posted in Compte-rendu (CR), Cote d'Ivoire, Environnement, Genre, Nutrition, Opinion, Santé, Société and tagged , , , . Bookmark the permalink.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *